ETYMOLOGIE et HISTOIRE de BERRIC

Berric vient du premier seigneur du lieu qui s'appelait Guillaume de Berric ou de Berry (XIIIème siècle). Berric est, semble-t-il, un démembrement de la paroisse de Sulniac. Les vickings dévastent le pays en 888. Le comte de Vannes Alain Ier, allié de Judicaël, comte de Rennes, les écrase dans les landes de Questembert. Sur 15 000 pirates seuls 400 repartent. Berric devient paroisse au IXème siècle ou au Xème siècle. Berric dépend du diocèse de Vannes et a comme titulaire Saint Thuriau (mort le 13 juillet 640). En 1272, Guillaume de Berric (ou de Berry), fils de Geoffroy, écuyer, reçoit des moines de l'abbaye de Prières, pour un cens de 6 sous, le moulin du Bois, en la paroisse de Berric. Sous l'Ancien Régime, Berric dépend de la seigneurie de Rochefort, du doyenné de Péaule, et de la sénéchaussée de Vannes. La seigneurie de Carné s'étendait sur les paroisses de Berric, Questembert et Noyal-Muzillac. En 1790, Berric est érigé en commune du canton de Questembert et du district de Rochefort-en-terre. Note : Berric, sur la route de Vannes à Questembert, est limité au nord par Sulniac, à l'ouest par le Gorvello, au sud par Lauzach et Noyal, à l'est par Questembert. Sa superficie est de 2146 hectares, dont un tiers environ sous culture, un tiers sous lande, et le reste sous prairies, bois, etc... Vers 1891, sa population est de 1167 habitants. Le bourg, presque central, est à 6 kilomètres de Questembert et à 20 de Vannes. On n'a encore signalé aucun monument celtique sur ce territoire, à moins qu'on ne veuille donner ce titre à quelques blocs de granit, épars sur la hauteur de la lande du Houle. Quant à la période romaine, elle est marquée par des briques et autres vestiges, découverts au bourg, et par quatre vases en terre, remplis de monnaies du bas Empire, trouvées, en 1805, auprès du bourg. Les Bretons n'ont pénétré dans ce pays qu'à partir du VIème ou du VIIème siècle, et y ont implanté leur langue, qui s'y parle encore. Le nom de la paroisse et ceux de la plupart des villages sont tirés de leur idiome. Ils choisirent pour patron saint Thuriau, évêque de Dol, mort le 13 juillet, vers l'an 640. Il s'ensuit que l'érection de la paroisse ne saurait être antérieure à cette date ; mais elle peut être de beaucoup postérieure ; il est même possible qu'il faille descendre jusqu'à la fin du Xème siècle, c'est-à-dire jusqu'à l'expulsion des Normands, pour trouver son origine. En 1272, on rencontre Guillaume, fils de Geoffroi de Berric, écuyer, recevant des moines de Prières, pour un cens de six sous, le moulin du Bois, situé dans la paroisse de Berric, dans le fief d'Alain d'Aguénéac, chevalier (Joseph-Marie Le Mené - 1891).

PATRIMOINE de BERRIC

L'église Saint-Thuriau (XVIIème et XXème siècles), édifiée par les Templiers. Il y a quelques années encore, Berric avait une église du XVème siècle, couverte en 1476 par le charpentier P. Le Nyz, et dont il ne reste plus qu'une fenêtre en tiers-point à réseau flamboyant, où se voient encore quelques fragments de vitraux, dans le croisillon Nord. D'un remaniement de 1660 qui avait transformé le croisillon Sud en bas-côté, il reste les pignons extérieurs à rampants décorés. Au XXème siècle, on a refait tout l'intérieur de la nef et du transept, voûtés d'ogives reposant, ainsi que les arcades, sur des colonnes à chapiteaux, et un choeur à cinq pans également voûté d'ogives. Au XXème siècle, on a démoli la chapelle Saint-Marc, édifiée aux XVème et XVIème siècles au village de Cohignac par les seigneurs de Carné. Les matériaux ont servi à la construction, sur le porche occidental de l'église Saint-Thuriau, d'un clocher carré et massif. Le clocher est reconstruit en 1926 avec des pierres provenant de la démolition de la chapelle Saint-Marc. L'église abrite une statue de saint Thuriau, évêque de Dol, décédé le 13 juillet 640 ; Nota : L'église paroissiale, dédiée à saint Thuriau, était jadis en forme de croix latine, mais le transept sud, restauré vers 1660 et prolongé le long de la nef, forme aujourd'hui un bas côté. La tour carrée en pierre, avec flèche pyramidale en ardoises, s'élève sur l'intertransept, comme dans plusieurs églises anciennes. Sur la sablière du transept sud, on lit la date de 1476 en lettres gothiques ; le choeur fut retouché en 1639 et lambrissé en 1645. Dans le transept nord, se voit une pierre tombale, portant une croix tréflée, flanquée à gauche d'une épée et à droite d'un écusson à deux fasces. Cette chapelle dépendait des seigneurs de Trémoar, comme celle du sud relevait des sires de Tréhuen. Cette église est aujourd'hui en voie de transformation. Il y a trois chapelles frairiennes.

— 1. Notre-Dame de Bon-Secours, au village de Kercohan, à trois kilomètres vers l'0-N-0, est un édifice de forme rectangulaire, en pierres de taille, avec une abside à trois pans et des portes et fenêtres en plein cintre, qui accusent le XVIème siècle ; on lit d'ailleurs sur une sablière : EN LAN M. Vcc LIIII FUT DRESSÉ ET FAICT CE BOEYS.. ET FUT FONDATEUR BERTRAM DE QUILFISTRE SEIGNEUR TEMPOREL DE TRÉMOARN. L'écusson de cette famille, d'argent à trois fasces d'azur, figure autour de l'abside. Il y a foire ici le 16 avril et le 25 mai.

— 2. Notre-Dame des Vertus, à un kilomètre au nord-est du bourg, est une construction du XVème siècle, comme le témoigne l'inscription suivante en caractères gothiques : LAN MIL IIIIcc IIIIxx FUT COMENCÉ CESTE CHAPELLE... Sa forme est rectangulaire, ses murs sont en grand et moyen appareil, avec contreforts inachevés ; les fenêtres sont ogivales à meneaux en flammes, et les portes en anse de panier. La fontaine voisine porte la date de 1683.

— 3. Saint-Marc, au village de Cohignac, à deux kilomètres à l'est du bourg, est un édifice en pierres de taille, en forme de croix latine, à chevet arrondi ; sur l'intertransept s'élève une tour carrée, amortie en ardoises. Sauf les fenêtres des transepts, toutes les ouvertures sont en plein cintre et portent les caractères manifestes de la renaissance.

Au sud du chevet, à l'extérieur, se lit l'inscription suivante, en capitales romaines : HIEROSME DE CARNÉ ET ADELICE DE KERLOAGUEN SA COMPAIGNE ESPOUZE, 1565. L'écusson des Carné, d'or à deux fasces de gueules, y est souvent répété, soit seul, soit en alliance ; plusieurs membres de la famille ont été enterrés dans ce lieu. Il y a foire à Cohignac les 29 janvier, 25 avril, 11 et 30 mai. Il y avait aussi des chapelles privées à Trémoar et à Cohignac. Les chapellenies étaient : — 1. Celle de Saint-Julien, fondée par les seigneurs de Trémoar et desservie d'une messe, chaque vendredi, dans l'église paroissiale. — 2. Celle de Guillaume et Jean Le Hellay, recteurs de Berric, chargée d'une messe par semaine, dans la même église. Le recteur était à la nomination du pape ou de l'évêque, suivant le mois de la vacance. Il dîmait sur toute la paroisse à la 33ème gerbe, et jouissait d'un revenu net, évalué en 1757 à 800 livres. C'est dans cette paroisse, au village de Larcan, qu'est né, le 15 mars 1665, Gilles Vauge, qui entra chez les Oratoriens en 1687, enseigna les belles lettres avec une grande distinction dans plusieurs collèges de son ordre, professa la théologie à Grenoble, et mourut en 1739, laissant 17 volumes composés par lui. Berric dépendait de la seigneurie de Rochefort, du doyenné de Péaule, et de la sénéchaussée de Vannes. En 1790, il fut érigé en commune, du canton de Questembert et du district de Rochefort. Son recteur, G. Jégoux, refusa, en 1791, le serment schismatique, et dès l'année suivante il dut se cacher pour exercer son ministère. La révolution fit vendre ici quelques pièces de terre appartenant à la fabrique ; en retour, le parti royaliste y recruta un bon nombre de partisans en 1795 et plus tard. Berric passa dans l'arrondissement de Vannes en 1800, et fut maintenu dans le canton de Questembert en 1801 : ce qui fut accepté par l'Eglise en 1802 (Joseph-Marie Le Mené - 1891). la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours (XVIème siècle), fondée au XVIème siècle au village de Kercohan par Bertrand de Quifistre (ou Quilfistre), seigneur de Trémohar (ou Trémouar), dont le château était voisin. Il s'agit d'un édifice rectangulaire, terminé par un choeur à trois pans dont chacun présente un pignon extérieur orné de choux et de crosses. Les contreforts du choeur sont amortis de pinacles décorés, tandis que ceux de la nef sont restés inachevés. Un banc de pierre extérieur fait le tour de la chapelle. Le choeur est séparé de la nef par une grande arcade en plein cintre. La charpente date de 1554 (inscription de la sablière "En l'an M Vcc LIIII fut dressé et faict ce boeys, et fut fondateur Bertam de Quilfistre seigneur temporel de Tremoarn"). Les peintures murales datent du XVIème siècle. Le clocheton, qui est couronné d'une petite croix de pierre, date des XVIème et XVIIème siècles. L'édifice porte en plusieurs endroits les armoiries des fondateurs ; la chapelle Notre-Dame-des-Vertus (1488, XVIIème et XIXème siècles), située à Bray. Elle est fondée à la fin du XVème siècle par les Quifistre, seigneurs de Bray et de Trémohar. Une inscription sur la sablière Sud nous apprend que cette chapelle a été couverte en 1488 par un charpentier nommé Cogant. Un beau portail flamboyant, divisé en deux baies en anse de panier sous une accolade, s'ouvre sous le pignon occidental. La porte Sud est encadrée par une accolade supportée par un animal et un personnage accroupis. Les fenêtres en tiers-point ont un réseau flamboyant et celle du choeur est en partie masquée par la sacristie construite en 1681. Les sablières de la charpente sont ornées de figures humaines et d'écussons. La tribune, apposée contre le pignon Ouest, date du XVIIème siècle : elle est décorée de douze personnages (apôtres) sculptés en bas-relief. La façade a été modifiée au XVIème siècle. A l'intérieur, dans une niche à entourage baroque, la Vierge présente l'enfant Jésus qui lève la main droite. Il tient aussi dans l'autre main la "planète bleue", plantée d'une croix dorée ; l'ancienne chapelle Saint-Marc, démolie en 1927 ; le château de Trémohar (XIII-XIVème et XIXème siècles), propriété de la famille Berric, puis passe par alliance entre les mains de la famille Quifistre (en 1390). Propriété de Jehan du Quifistre (ou Quilfistre) en 1427, en 1464 et en 1481. En 1629, Jean de Quifistre (en épousant Jeanne de Berric) hérite des seigneurs de Bazvalan et François de Quifistre adopte ce nom. Il obtient pour son fils le titre de marquis. Après le décès de la marquise de Bazvalan (en 1879), le domaine passe entre les mains du comte Joseph Le Gouvello du Timat, puis est cédé aux familles Francès et Blériot (en 1984). L'édifice est brûlé et pillé en 1593 (pendant les guerres de la Ligue) par les Espagnols. Le château est reconstruit en partie vers 1720-1750 par Jean-François de Quifistre (marquis de Bazvalan) et Marie de Vaucouleur dont les armes ornent la ferronnerie du balcon central de l'étage de la face sud. L'intérieur conserve l'essentiel de son décor du XVIIIème siècle. Seul le vestibule a été remanié au début du XIXème siècle. La façade date de 1750. Le corps central est orné d'un avant-corps à fronton triangulaire, flanqué de deux pavillons en saillie. Le pigeonnier, de forme octogonale, date du XV-XVIème siècle et la porte est surmontée des armes de la famille Quifistre. Les communs datent du XVIIème siècle. Les écuries datent du XVIème siècle : les deux lucarnes sont du XVIème siècle. Du premier édifice du XIVème siècle, subsiste une tour de garde, flanquée d'une petite tourelle d'escalier, qui a été restaurée en 1830 et un portail à deux guichets, encadré de deux tours munies d'embrasures de tir au rez-de-chaussée et d'archères canonnières à l'étage. Le puits est de style polygonale. Il avait autrefois une chapelle privée ; la fontaine Notre-Dame-des-Vertus (1683), située à Goh Vray ; la fontaine de Kercohan, située non loin d'une chapelle ; le manoir de Cohignac (XVIème siècle), vestige de l'ancien château de la seigneurie de Carné qui s'étendait sur les paroisses de Berric, de Questembert et de Noyal-Muzillac. La haute justice avait une fourche patibulaire à 4 plots sur le pâtis des Buttes (le cep et collier se trouvaient rue du Pilori à Questembert). Il possédait autrefois une chapelle privée. On y trouve les armes de la famille Carné ; le calvaire de l'ancien cimetière déplacée en 1933. Un escalier mène au pied de la croix qui se dresse sur un socle en forme d'autel ; la ferme de Kerfranc (XVII-XVIIIème siècle) ; les moulins à eau de Guerizec, de Kervily, et le moulin à vent du Bois ;